Le samedi 25 octobre 2025, la capitale belge Bruxelles a accueilli une grande marche commémorative organisée par la diaspora rifaine venue de toute l’Europe. Cet événement citoyen, à la fois acte de mémoire et d’engagement, rendait hommage à Ahmed Zefzafi – père du leader du Hirak du Rif Nasser Zefzafi – et honorait la mémoire de Mohcine Fikri, symbole d’une injustice ayant marqué à jamais la conscience collective du Rif.
Des milliers de participants se sont rassemblés pour affirmer les valeurs universelles de liberté, dignité et justice, tout en rappelant la nécessité d’une réconciliation nationale sincère, fondée sur la vérité, la reconnaissance et le respect des droits humains.
Une mobilisation européenne et indépendante
La marche a réuni des Rifains et des Marocains venus de Norvège, d’Allemagne, des Pays-Bas, de France, d’Espagne et du Luxembourg. Tous ont convergé vers la Place du Trône à Bruxelles, répondant à l’appel du Comité de coordination de la marche du 25 octobre, sous le mot d’ordre : « Tous les chemins mènent à Bruxelles ».
Le comité organisateur a appelé toutes les femmes et tous les hommes épris de liberté, de dignité et de justice à se rassembler pour honorer celles et ceux qui ont sacrifié leur liberté pour la vérité, et pour exiger la libération immédiate de toutes les personnes détenues pour leurs opinions. La marche a aussi défendu le droit de manifester pacifiquement et la liberté d’expression, dans un esprit d’unité et de solidarité.
« Ensemble, faisons de Bruxelles le cœur battant de la mémoire et de la solidarité rifaine. »
Des messages forts venus de Tanger 2
L’un des moments les plus marquants fut la lecture d’un message des détenus du Hirak du Rif, incarcérés à la prison de Tanger 2, lu par Hanane Haki, sœur du prisonnier Mohamed Haki. Ce message exprimait gratitude et espoir, tout en appelant à poursuivre le combat pacifique pour la justice sociale et la dignité humaine.
💡 Point clé
Les organisateurs ont insisté sur le caractère indépendant et citoyen de la marche, rappelant qu’elle ne relevait d’aucune structure politique ni associative. Elle se voulait avant tout un espace de mémoire, de fidélité et de transmission intergénérationnelle du message du Hirak.
Une relève engagée : la génération Z du Hirak
La marche de cette année a été marquée par la présence remarquée de nombreux jeunes issus de la diaspora rifaine, porteurs d’un souffle nouveau et d’une approche tournée vers le dialogue et l’action culturelle. Ces jeunes, souvent nés en Europe, ont exprimé leur attachement à l’histoire de leurs parents et à la cause du Rif.
Leur participation a donné à la manifestation une dimension symbolique forte : celle d’un passage de relais entre générations, unissant mémoire et modernité autour d’une même exigence de dignité et de justice.
« Nos parents ont marché à Al Hoceïma, nous marchons à Bruxelles. Le message reste le même : liberté, dignité, justice. »
Un appel à une réconciliation nationale authentique
Les différentes prises de parole qui ont ponctué la marche ont convergé vers un message clair : la paix durable au Maroc ne pourra s’installer sans une réconciliation nationale fondée sur la vérité et la justice. Les participants ont appelé à la libération immédiate des prisonniers politiques et à la reconnaissance des injustices subies.
Cet hommage à Ahmed Zefzafi a rappelé le rôle essentiel qu’il a joué en tant que conscience morale du mouvement, prônant toujours la non-violence, le dialogue et la dignité. Sa disparition a profondément ému la communauté rifaine, mais son héritage continue d’inspirer un mouvement pacifique, ancré dans l’humanité et la persévérance.
Une marche pour la mémoire, la justice et l’espoir
En liant les noms d’Ahmed Zefzafi et de Mohcine Fikri, la diaspora rifaine a voulu rappeler que la mémoire du Hirak du Rif ne relève ni de la nostalgie ni du ressentiment, mais d’un devoir de vérité et d’espoir. Cette journée à Bruxelles a démontré que, malgré la distance et les années, le message du Rif continue de résonner avec force et humanité.
La diaspora rifaine prouve, par son unité et sa constance, qu’elle demeure un acteur essentiel du lien entre mémoire, citoyenneté et avenir. À travers cette mobilisation, Bruxelles est devenue le temps d’un jour le symbole d’un Rif digne, debout et fidèle à ses valeurs.



